13 PASSES

d'après Woyzeck de G.Buchner

adaptation et mise en scène Alexandre Fernandez

porte folio

Présentation

« Voyez-vous, nous autres, pauvres gens, on n'a pas de vertu, on cède à la nature ! Mais si j'étais un monsieur, si j'avais un chapeau, une montre et un lorgnon, et si je savais bien parler, je ne demanderais pas mieux que d'être vertueux. Ça doit être une bien belle chose, la vertu, mon capitaine, mais moi je ne suis qu'un pauvre diable !... »
Woyzeck


La réalité est douteuse, la condition humaine ne l'est pas...

 

Woyzeck l'inachevé, tragédie d'un fait divers, l'abandon de l'homme par l'homme : humiliation, exploitation, cruauté, pauvreté, acharnement, anéantissement en vagues successives d'écumes asphyxiantes. Lutte des classes ? Certainement, Büchner avant l'heure nous en parle en nous offrant un monde halluciné au travers duquel, le regard aliéné de Woyzeck, interroge la vie, la mort, la sexualité... objets de tout les scandales.

 

Nous avons entamé ce travail sans aucun préjugé, nous nous sommes tenus à réactiver notre incertitude. Le doute dans l'âme nous nous sommes lancés aveugles dans le passage étroit de l'innocence. Nous nous sommes dit : les idées doivent naître à partir de nos sensations, (et cela est devenu, au fur et à mesure du travail) l'idée que tout ceci soit comme une certaine sensation prise dans la tourmente qui déforme sans cesse une réalité douteuse dont la seule contenance est celle de ses métamorphoses trompeuses... Le bien, le mal, la morale, la nature, L'homme, l'animal, le dedans, le dehors, tout converge vers une seule et même question : où est la vérité ? Dans le corps vivant du marcheur, semble nous dire Büchner. Et bien, nous nous sommes efforcés de piétiner et c'est notre saccage en l'état que nous vous prés /enterons : 13 passes sur Woyzeck l'inachevé... drame que nous portons en nous, l'abandon de l'homme par l'homme... humiliation, exploitation, cruauté, pauvreté, acharnement, anéantissement en vagues successives d'écumes asphyxiantes... S'agit-il de lutte des classes ? Certainement, Büchner avant l'heure nous en parle en nous offrant un monde halluciné au travers duquel, le regard aliéné de Woyzeck, interroge la vie, la mort, la sexualité, objets de tout les scandales. La réalité reste douteuse, la condition humaine ne l'a jamais été...

 

Combien de temps encore, pauvre équilibriste de la chaise bancale, devras-tu encenser nos pères de prières pour qu'ils te tiennent à la verticale ?...

 

STRUCTURE DRAMATURGIQUE
1 Effet d'annonce
2 De nuit; foisonnements
3 Le matin au rasage
4 L'aberratio mentalis du p'tit pois
5 L'arrivée du gros de la troupe
6 Entrée du tambour-major
7 Corps de garde en perte
8 Les boucles d'oreilles de Marie
9 Le poil de barbe
10 Un péché si épais
11 Le crime 1ére proposition
12 Le crime 2éme proposition
13 Le conte qui circule

A PROPOS DU TRAVAIL SUR WOYZECK
Extraits de notes d'Alexandre Fernandez à l'attention des comédiens


Pensez-y...
Au théâtre, sur le plateau, ce que l'on voit n'est pas la vie mais quelque chose qu'elle cherche à nous dire et que le théâtre doit porter... Eh bien freinez la réalité ... La tordre, la taire, l'éloigner. Ecoutez. Le texte ne sera jamais achevé, la représentation non plus et passera Woyzeck en nous, ce courant d'air sombre dans l'ombre, si azur à mes yeux, le dernier des hommes qui passe si prés du monde, l'homme qui a tort contre le monde qui a raison. Je cite " est-ce le oui qui est coupable à l'égard du non, ou le non à l'égard du oui ? Je ne sais pas, je vais réfléchir."

 

Réfléchissons...
Les idées sont là au même titre que les choses. Il faut continuer à fouiller encore et encore comme on fouille une poubelle pour y trouver le fond d'un théâtre non résolu. Et surtout, ne parlons pas de répétition, le terme est impropre, il est question de tout sauf de "répéter". Ne rien fixer, taire et tout dire, garder les prégnances des gestes et mots écorchés dans les corps; de la matière en bouche, des racines en mains, écoutez un silence, embrassez le geste puis mordre le voisinage, aucune résistance, aucune crispation n'adhére à long terme sur autrui, elle reste dans celui qui s'en alimente. À lui d'en déféquer la tumeur narcissique... Woyzeck n'a jamais résisté, il se tient debout voilà tout, dans une insomnie verticale. Il donne, il offre, il s'ouvre, il s'envole. Que lui reste-t'il ? Le doute en pleurs... La réalité a foutue le camps, BON DIEU

 

Turlututu et chapeaux pointus ! Une fois n’est pas coutume…

Nous vivons sous le règne de la banalisation par l’effet de la consommation, sous le régime de l’aliénation des individus par l’effet du divertissement généralisé d’une forme d’étourdissement par lequel les individus sont siphonnés. lire la suite