MA VOIX NI MIENNE NI VOIX LE SOIR VENU

autour de l'oeuvre de Samuel Becket

adaptation et mise en scène Alexandre Fernandez

porte folio

Présentation

« ...Pour moi le théâtre n'est pas une institution morale. Je ne veux ni instruire les gens, ni les rendre meilleurs, ni les empêcher de s'ennuyer. Je veux mettre de la poésie dans le théâtre, une poésie en suspens dans le vide et qui prenne un nouveau départ dans un nouvel espace. Je pense en dimensions nouvelles et fondamentalement je ne m'inquiète pas que l'on puisse ou non me suivre. Je serais incapable de donner les réponses que l'on espère. Il n'y a pas de solutions faciles... »
Samuel Beckett


 

EXTRAITS DES NOTES DESTINEES AUX ACTEURS
Beckett et sa manie de nous pousser vers le rien, vers le dépouillement, de nous pousser à sauter dans le vide, mais aussi, Beckett et sa conscience extrême de nous signaler les moindres détails de ces pièces. Alors quoi faire ?...
« Accrochez-vous à votre désespoir et chantez-nous ça » ... écrira t-il à Robert Pinget.

 

De toute évidence, l'acteur et le public sont en permanence sollicités, ils se confondent même par moment. Sans un public l'acteur n'a plus raison d'être, sans l'acteur le spectacle n'a pas lieu... Le public et l'acteur, ce tout intervenant et agissant, n'a peut-être qu'un rôle apparent et illusoire chez Beckett mais contrairement aux idées préconçues qui circulent sur son oeuvre, Beckett nous renvoie sans cesse à la théâtralité de son impuissance à mettre en scène ce tout soit disant intervenant et agissant.

 

C'est pourquoi, j'ai tenu à mettre en évidence ce que son théâtre entretient d'ambiguë en lui même dès qu'il se met en scène. En confrontant l'acteur (sur scène) à son auditoire (en salle mais aussi sur scène), en faisant partiellement disparaître la rampe qui sépare la scène et la salle en deux espaces bien définis, tout en utilisant cette séparation comme une démarcation nécessaire pour que la "représentation" ait lieu. (...)

 

Le cri devenu familier se fait voix. Le fait qu'une parole soit proférée comme une délivrance mais aussi une interminable torture. Cette voix nous parle comme des disparus du temps qui nous viennent de si loin, proches et déjà partis. Notre mémoire, nos rêves et cauchemars... Cette voix intérieure qui nous traverse nous la retrouvons dans l'oeuvre de Samuel Beckett.

« Elle sort de moi, cependant elle n'est pas mienne, mais ne peut être que la mienne puisqu'il n'y a que moi. Bref, tout se ramène à une histoire de paroles, une question de voix. De voix à prolonger... » L'innommable.

 

Le terrible attachement au monde de l'humain et ce sentiment d'abandon et de manque que l'on trouve chez Beckett, l'homme confronté à sa condition d'homme, l'incapacité à seulement agir, être acteur (être-acteur) de sa propre destinée.

 

L'homme n'est pas la mesure de toute chose, nous indique Beckett. Il n'est que l'objet de son impuissance. D'où, peut-être, chez ses personnages, ce besoin d'engager une parole, ne serait-ce que pour que l'on puisse entendre l'écho de leur voix. Sans la parole la fin est proche. Sans la parole, il n'y a pas âme qui vive. La parole ne sert ici qu'à rester en vie, l'homme n'est qu'accessoire, objet de son incapacité à vivre puisqu'il « n'en finit pas de mourir ». Il ne lui reste pour s'entendre vivre que la peur de l'absence de parole. Mais la parole reste l'éternel commencement de la fin. L'homme le sait mais ne peut s'empêcher de remuer tant de mots. Et plus il en bouge, plus il piétine et s'enlise rapidement dans les sables mouvants de ses souvenirs en lambeau. Mourir, c'est une question de temps.
Nous sommes dans l'impossibilité de comprendre...
Alexandre Fernandez

Turlututu et chapeaux pointus ! Une fois n’est pas coutume…

Nous vivons sous le règne de la banalisation par l’effet de la consommation, sous le régime de l’aliénation des individus par l’effet du divertissement généralisé d’une forme d’étourdissement par lequel les individus sont siphonnés. lire la suite