>AQUI VAMOS<

Un film écrit et réalisé par Alexandre Fernandez avec Yann Romann dans le rôle principal et Catherine Pamart à l'image.

Le récit d'AQUI VAMOS évolue à travers le suivi et le cheminement d’un homme déambulant avec un masque à gaz le long d’un fleuve pollué par les pesticides où le bizarre côtoie l’inexplicable comme autant d’éléments surnaturels surgissant de la nature. C'est aussi le parcours initiatique d’un homme à travers une nature intrigante. Il se déroule en 4 temps forts : l’errance, l’insomnie, la sérénité et la création. Sa durée n’est pas encore connue. Court, moyen ou long métrage, il nous importe de ne rien annoncer afin de nous laisser une entière liberté quant à son montage. La narration du film est assumée sans aucune dialogue mais est menée par une bande son particulièrement fournie avec des parties musicales originales composées exclusivement pour le film par Lou Alec Fernandez-Mansion ainsi que Stéphane Barascud. Une voix off se fait entendre aussi. Si on devait classifier AQUI VAMOS on serait tenté de le ranger dans le genre «  réalisme magique » dans « un jeu esthétique, spirituel et philosophique avec des éléments de réalité, doublé d'une interrogation métaphysique et ontologique ».

CE QUI A DÉCLENCHÉ AQUI VAMOS

Ce projet est né de la découverte d'un site témoignant d'une forte proximité avec la nature, le long des rives de la Sanguèze, petite rivière de 44 km qui prend sa source à la Renaudière avant de se jeter dans la Sèvre nantaise au Pallet. Malheureusement La Sanguèze, même si vue de la rive, semble des plus attirante, est fortement polluée par les pesticides. La contamination de la nature, l'homme dans un environnement « malade » qu'il a lui même empoisonné, sont devenus les éléments principaux du film.

CONSTRUCTION

1 - La première partie en noir et blanc « L’ERRANCE » évoque l’observation de la présence d’un homme au visage protégé par un masque à gaz, qui erre et se fond dans la nature dans un long périple sensoriel qui prend racine sur les rives d’un fleuve. Cela pourrait s’apparenter à un voyage initiatique dans un rapport spirituel de l'individu à la nature et du lien entre grands espaces et possibilités introspectives, mais il s'agit ici d'une regard appuyé, celui de l’observateur, témoin voyeur (le spectateur), sur l’observé et l’observable (l'acteur) pour qu'au final la question de pose : qui observe qui ?

2 - La deuxième partie en couleur « L’INSOMNIE » nous plonge en pleine forêt dans le tumulte de la danse onirique de la nuit, l’éveil de l’inconscient et des corps, de l’insomnie vivante, des rêves et des cauchemars, de nos démons à nos chimères… impliquant une cascade d’images en couleur de nos peurs et nos fuites.

3 - La troisième partie en noir et blanc « LA SÉRÉNITÉ » pose la sérénité retrouvée sur le fil de l’eau des rives du fleuve et la remontée de celui-ci en barque jusqu’à sa source.

4 - La quatrième partie en noir et blanc « LA CRÉATION » est la découverte d’une habitation dans laquelle l’homme découvre un semblable, confronté à un public spectateur/voyeur. Une performance chorégraphique a lieu.

ESTHÉTIQUE

Le film sera en noir et blanc avec l'apparition de la couleur. Cette présence de la coloration, est motivé par l’envie de sensations plastiques et d'émotions extra-visuelles comme si nous avions à faire au début d’un vaste poème élégiaque à la tonalité mélancolique d'un noir et blanc mais, qui, au finale, révélera, par ses fulgurances colorées, une dimension épique ou lyrique.

Notre technique de captation de l’image est axée sur l'intuition du réalisateur et de sa cheffe opératrice grâce à l'utilisation d’un matériel légers et maniable de haute qualité.

 

Nous avons recours à la « narration décentrée » d'une voix off pour créer des décalages temporels, une voix off qui ne recoupe pas exactement ce qu’on voit à l’image et se manifeste de façon impromptu en se désaxant par rapport au récit qui se déroule sous les yeux du spectateur et à d’autre moment, tout le contraire en initiant l’action. Ce film rompt avec le type de récit linéaire illustratif et devra trouver son propre style ample, élégiaque, avec des plans contemplatifs et picturaux qui évolueront comme dans une temporalité suspendue.

Ci-dessous :  Installation du dispositif "piste de danse" en pleine forêt et séance de maquillage pour un nuit de tournage sous la pleine Lune… Avec nos ami-e-s danseur-se-s : Clara Robert, Bambi, Elise Dalmas, Mélodie Dupart, Nadége Gerboin, Delphine Huteau, Olivia Lebon, David Levéque, Guillaume Planche, Isabel Reynoso, Lou Fernandez-Mansion, Anoushka Sansey, Marie Urban…  et Christophe Berruet pour son accueil et son aide.

« Il est à mon avis certain que tout art est investi par les puissances refoulées d'une enfance… La création artistique est l'exemple le plus accompli de ce qu'est une sublimation des désirs inconscients. C'est la raison pour laquelle le grand art peut être à la fois provoquant, transgressif, et universel. La subjectivité humaine reconnait en lui la force irrésistible des traces cachées des désirs… Il éprouve dans cette reconnaissance un trouble suspect en même temps qu'une admiration rationnelle. C'est ce mélange que nous appelons le sentiment du Beau. » Alain Badiou, Éloge du théâtre, 2013.

"Le divertissement généralisé"

Nous vivons sous le règne de la banalisation par l’effet de la consommation, sous le régime de l’aliénation des individus par l’effet du divertissement généralisé d’une forme d’étourdissement par lequel les individus sont siphonnés. lire la suite