PASSAGES KOLTÈS

spectacle déambulatoire - ancienne usine Yoplait d'Ivry/scène

mise en scène Alexandre Fernandez

porte folio

Présentation

« ...Au début l'annonce, toujours le même noeud, puis, on voit comment ça fonctionne... Déplacement dans la nuit en monologues entendus, à l'infini, pour frapper celui qui passera du côté du langage, qui traversera la lumière étroite de la parole. Pourquoi ? Pour qui ? Jusqu'où ?

 

La dérive de l'homme face à l'homme. Il se défend comme il peut.
À chacun sa trajectoire !

 

Tout semble si paisible. Exister, prendre la parole et tenir sa place. Koltès remonte le courant de nos désirs. Passages Koltès en fût les turbulences. Nous avons tenté de les apprivoiser dans ce lieu désaffecté, cette ancienne usine; "la fabrique" nous disons. Il y eut¸des rencontres, progressivement, le temps d'une halte. Dans chacune d'elles, on y a découvert des personnages à l'allure inconvenante, ils se sont approchés de nous, certains à petits pas, d'autres à grands pas, tous hésitants : "les paumes tournées vers vous, avec l'humilité de celui qui propose face à celui qui achète, avec l'humilité de celui qui possède face à celui qui désire".

 

Chacune d'elles étant comme l'une des pièces d'un immense puzzle, celui de l'oeuvre de Bernard-Marie Koltès qui nous échappe et qu'il nous faut continuer à construire. Peut-être qu'il est impensable d'y arriver ?

 

Peut être même que la dernière pièce de l'intime chez Koltès nous échappera toujours ?

 

Mais peu importe, la tentation fût trop grande, nous nous sommes laissés prendre au jeu.
C'est par la confrontation jouissive et contradictoire, à laquelle mène le trafic, que Koltès a polarisé toute notre attention.
Ça trafique dans la langue et dans les corps...

 

 

Le travail que nous avons présenté est parti du point de ue suivant : Le corps participe au mouvement de la langue, et inversement, la langue participe au mouvement du corps. Le délire de la langue, le délire des corps...
Ce corps d'écriture de la langue devient alors théâtre.
Sur le mur de l'usine désaffectée , en grosses lettres, nous avons inscrit le texte suivant : "Les ouvriers partis; l'empreinte de leurs derniers gestes oubliés sur la dalle, l'énergie de leur sueur sur le site, la régnance d'un silence de poussière sur le désert résonnant de leur absence... Aujourd'hui, des acteurs d'une autre espèce arpentent l'enceinte. Ouvriers de la refonte de temps anciens en temps présents, ouvriers de l'impossible, silhouettes de passage, êtres en sursis, fantômes des parages, comme vous le voudrez, ils le sont... en transit installés... »

Turlututu et chapeaux pointus ! Une fois n’est pas coutume…

Nous vivons sous le règne de la banalisation par l’effet de la consommation, sous le régime de l’aliénation des individus par l’effet du divertissement généralisé d’une forme d’étourdissement par lequel les individus sont siphonnés. lire la suite